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Un fanzine éphémère et synergique : Le lys d’or

Prométhée Huard

Prométhée Huard

Au printemps 1993 est né le fanzine d’intervention culturelle « Le lys d’or ». Bien qu’éphémère, ce magazine est apparu par la synergie homogène entre des artistes et des auteurs dans le vent. Il réunissait des artisans de la jeune garde montréalaise dont :

Laurent Alie, Annick Coulombe, Pierre Jacques Daigle, Marie Delaval, Christine Falardeau, Katherine-Josée Gervais, Catherine Laferrière-Faubert, Jean-Marc Michaud, Papou… auxquels s’ajoutèrent plus tard : André Deslongchamps, Laurence Lamarre, Germaine Mestenapeo et Christian Boulais.

Ce fanzine était magnifiquement illustré par Prométhée Huard. Cet illustrateur de grand talent fit face à une polémique en 2008 alors que la ville de Montréal exigeait de Franceen Breault qu’elle masque les ailes des deux anges que Prométhée avaient peint sur la façade de son commerce, Ange Neige, sur la rue Rachel. Le service des permis de l’arrondissement avait jugé que cette murale avait un caractère publicitaire, en raison du rapport entre son thème et l’activité commerciale de la boutique. L’artiste a donc affronté de plein fouet les affres de la censure et du mépris de l’art (Le Plateau, Hebdo, 18 mai 2008).

Je fus l’un des premiers à reconnaître le talent de Prométhée en lui offrant d’illustrer notre petit fanzine, ce qu’il fit avec Art et Professionnalisme. D’ailleurs, voici les couvertures de nos trois numéros publiés, ainsi que quelques illustrations de notre ami Prométhée …

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Bien que la durée de vie de ce fanzine ait été assez courte, celui-ci aura fait parlé de lui assez rapidement. Mme Francine Grimaldi en avait annoncé le lancement à Radio-Canada et je me souviens en avoir eu des échos dans les rues de Montréal. Cette publication se donnait pour objectif d’apporter un souffle nouveau à la culture, mais aussi à la société. Le premier numéro s’ouvrait avec un poème de Janou Saint-Denis : « Pendant que vous dormiez bonnes gens, pendant que vous rêviez bonnes gens, des hommes ont mesuré le temps » (Mesure du temps).

En tant qu’éditeur, j’avais réussi à former très rapidement une équipe du tonnerre. Les choses se sont réalisées le plus simplement du monde. J’ose dire que tous les participants étaient sur la même longueur d’onde. Cela transparaît assez bien dans les photos du lancement du premier numéro du Lys d’or qui eut lieu au bistro Floresta, boulevard Saint-Laurent …

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Aujourd’hui il est beaucoup plus ardu de réunir les gens autour d’un projet commun. Pour ma part j’ai désormais de la difficulté à les réunir autour d’une anthologie, d’un projet d’entreprise ou bien encore autour d’une simple discussion en direct sur Internet. Les temps ont bien changé. Nous vivons dans un monde réellement individualiste où chacun n’agit que pour soi.

Tant que les choses resteront ainsi, rien ne pourra être modifié dans la société.

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Une des rares affiches de la Place aux Poètes que j’ai pu conserver.



Anne-Marie Gélinas: « Mes commandements » (Janou Saint-Denis)

Vous voyez ci-haut une des rares affiches de la Place aux Poètes que j’ai pu conserver jusqu’à ce jour. Celle qui annonçait la participation du Lys d’Or à l’une de ces soirées fabuleuses dont seule Janou savait les organiser !

Ce fanzine tiré à 500 exemplaires était distribué gratuitement à Montréal. Nous trouvions un peu de financement en vendant quelques espaces publicitaires à l’intérieur de celui-ci. Sa publication prit fin subitement après seulement trois numéros parce que le « commanditaire » qui s’occupait de l’impression du magazine retira son soutien sans trompette ni tambour. Ce qui mit un terme à notre projet.

Mais je suis certain que plusieurs personnes se souviennent,
et mon rôle à moi est de veiller au grain.

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